Le dernier été du tsar Nicolas II

L’empereur et sa famille furent assassinés dans le sous-sol de la maison où ils étaient exilés à Ekaterinbourg dans la nuit du 17 juillet 1918. Un an avant, en mars, Nicolas II avait abdiqué le trône et passé l’été dans sa résidence à Tsarskoïé Selo, près de Saint-Pétersbourg. Ce fut la dernière fois que le tsar et sa famille purent apprécier la vie que leur conférait leur statut élevé. Quoique surveillés en permanence, ils purent se promener, lire et profiter des chauds mois d’été.
Par RBTH
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« En journée, nous avons abattu plusieurs grands figuiers au croisement des trois routes le long de l’Arsenal. Il y a eu un gigantesque feu, le soleil virait au rouge et l’air sentait le brûlé – probablement de la tourbe qui brûlait quelque part. Nous avons fait de la voile pendant un petit moment. Le soir, nous nous sommes promenés jusqu’à huit heures. J’ai commencé le volume du Comte de Monte Christo », écrit Nicolas II dans son journal le 5 juin 1917.
Photo : Nicolas II avec sa fille Anastasia et leurs serviteurs au parc du palais d’Alexandre, à Tsarskoïé Selo.
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Le journal de Nicolas II peut paraître un peu naïf. Il raconte s’être amusé avec les enfants, avoir donné des cours de géographie au prince Alexis (photo), lu, fait de la voile et passé du temps dans le jardin. Mais parfois, le tsar exprime ses inquiétudes concernant l’avenir de la Russie et les événements révolutionnaires en cours. « Hier, nous avons appris que le général Kornilov avait renoncé à son poste de commandant en chef du District militaire de Petrograd et, ce soir, que Goutchkov avait démissionné. Les deux citent la même raison : l’ingérence irresponsable du Soviet des députés ouvriers et de certaines autres organisations bien plus radicales auprès des autorités militaires. Qu’est-ce que la Providence réserve encore à la pauvre Russie ? La volonté divine sera faite ».
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Alexis était le dernier enfant de la famille Romanov. Cet été-là, il avait fêté ses 13 ans. Il était gravement malade et souffrait d’hémophilie, une maladie dont souffraient également d’autres descendants de la reine britannique Victoria.
Sur la photo : le prince Alexis se baigne dans le lac du jardin du palais d’Alexandre.
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Les princesses Tatiana et Anastasia se reposent dans le jardin du palais d’Alexandre. Tatiana tient Ortino, son bulldog français préféré. Après l’assassinat de la famille Romanov, Ortino sera tué par Grigori Nikouline et Alexeï Kabanov.
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Les princesses Anastasia, Tatiana, Olga et Maria ne se firent pas raser le crâne par les révolutionnaires – elles le firent elles-mêmes, car leurs cheveux repoussaient de manière inégale depuis qu’elles s’étaient rétablies de la rougeole.
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« Il a plu dans la nuit et la journée a été considérablement plus fraîche. Pendant la journée, nous avons travaillé sur un petit chemin ; nous avons abattu et scié deux petits sapins. Alix [c’est ainsi que Nicolas appelait son épouse Alexandra] s’est assise avec nous dans la forêt. Après le dîner, le couple Benckendorff nous a rendu visite », écrit le tsar le 23 juillet 1917.
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Le tsar sous surveillance au jardin du palais d’Alexandre. « Un jour, quatre soldats armés de fusils m’ont suivi, j’en ai profité et, sans dire un seul mot, me suis avancé dans le parc. Depuis, j’ai commencé de longues promenades dans le parc et coupais des arbres secs dans l’après-midi », écrit Nicolas dans une lettre envoyée à sa sœur Ksenia.
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Selon différents mémoires et son propre journal, le tsar Nicolas était obsédé par l’exercice physique et couper les arbres faisait partie de ses activités préférées. Il aimait également jardiner et cultiver des légumes.
Sur la photo: Nicolas II avec l’un des soldats du régiment de fusiliers de la Garde.
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En 1889, Nicolas écrit dans son journal à propos de sa future épouse : « Je rêve d’épouser un jour avec Alix de Hesse. Je l’aime depuis longtemps, mais plus profondément et plus ardemment depuis l’année 1889, quand elle a passé six semaines à Saint-Pétersbourg ». La tsarine Alexandra soufra de diphtérie dans son enfance et attrapa un rhumatisme qui s’aggrava avec la naissance de ses cinq enfants et ses inquiétudes liées à la maladie de son fils Alexis.
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Après avoir passé l’été sous surveillance, le 1er août, la famille du tsar fut envoyée en exil à Tobolsk, où ses membres passeront le reste de leur vie. Selon l’enquête sur l’assassinat de la famille Romanov, « le tsar se tenait au milieu de la pièce, avec son fils et son épouse assis à ses côtés. Leurs quatre filles et les serviteurs étaient alignés le long du mur. Iourovski dit au tsar qu’il allait mourir. Nicolas répondit : « Comment ? » et commença à s’avancer vers Iourovski. Iourovski pointa son pistolet sur le tsar et tira à bout portant. Il tourna l’arme sur Alexis et lui tira dessus également. Les autres hommes présents dans la pièce se mirent à tirer et rapidement, la pièce fut baignée de sang et envahie d’une odeur de poudre. La pièce se remplit de gémissements et de cris. Après la première salve de tirs, trois victimes restaient en vie. La femme de chambre Anna Demidova n’était que légèrement blessée et courait dans la pièce en se protégeant avec un oreiller. Elle fut assommée à coups de crosse de fusils et les baïonnettes. Anastasia hurla et tenta de se remettre debout. Un soldat cloua son pied au sol et la tua d’un coup de crosse de son fusil. Le jeune Alexis gémit et Iourovski lui tira deux autres balles dans la tête. Les hommes frappèrent les autres victimes avec les baïonnettes pour s’assurer qu’elles étaient bien mortes ».

Faberge egg reunited with its missing ‘surprise’ in Texas

Egg_Houston

A Faberge egg and the jeweled elephant designed to fit inside it are being reunited for the first time in almost a century thanks to a loan from Queen Elizabeth II to a Texas museum.

A gallery that opens Monday at the Houston Museum of Natural Science features the elephant, which only recently was discovered to be the egg’s missing “surprise.”

“It’s a really good opportunity to see the two together and marvel at Faberge’s workmanship,” said Caroline de Guitaut, a curator at the Royal Collection Trust.

De Guitaut announced in 2015 that she’d discovered that the small elephant in the queen’s collection was created by famed Russian artisan Peter Carl Faberge.

“It had been sitting there in many ways in plain sight, minding its own business in a display case,” she said.

The Imperial Diamond Trellis Egg, originally an Easter gift from Russian czar Alexander III to his wife in 1892, belongs to a Houston couple whose private collection of items created by Faberge is housed at the Houston Museum of Natural Science.

The reunited pieces will be displayed in a new gallery showcasing more than 600 Faberge items from Dorothy and Artie McFerrin that have been part of the museum for several years.

Joel Bartsch, president of the Houston museum, said the elephant will remain on display there for a year before returning to England.

De Guitaut said the elephant caught her eye because it seemed to match the published description of the missing elephant. Upon careful examination, she eventually figured out that the tower on the elephant’s back had a lid and found the Faberge mark on the inside rim.

“I did feel quite sort of giddy, kind of dizzy and a little bit faint,” de Guitaut said.

She said the two items were believed to have last been together when the Russian government sold them around 1922.

De Guitaut said the elephant, which walks and moves its head when wound, was purchased in 1935 by King George V, apparently with no knowledge that it was Faberge.

She said Faberge only made 50 eggs for the Russian royal family as Easter gifts; only 43 are known to survive.

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Fabergé… et les autres: ces joailliers qui fournissaient les tsars

Irina Ossipova, pour RBTH

Lorsqu’on évoque les joailliers de la cour impériale russe, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Karl Fabergé, créateur des fameux œufs de Pâques, des porte-cigarettes précieux et d’objets plus simples que s’offraient entre eux les membres de la famille du tsar. Cependant, le titre honorifique de joaillier de la cour ou de fournisseur de la cour fut porté par d’autres maîtres de l’or et de l’argent.

Jérémie Pauzié
Favori de trois impératrices, Pauzié est devenu célèbre en fabriquant la grande couronne impériale pour l’accession au trône de Catherine II en 1762. Cette même couronne orna la tête des empereurs suivant jusqu’à Nicolas II. Constituée de deux hémisphères symbolisant l’union de l’Orient et de l’Occident, la couronne est décorée de 4936 diamants indiens pour une valeur totale de 2858 carats, de 75 perles et elle est surmontée d’un immense spinelle. Malgré cela son poids n’est pas très important, un peu moins de deux kilogrammes, et elle fut réalisée dans un délai record de deux mois.
Pauzié était un grand maître de la taille de pierres, principalement des diamants, qui étaient toujours très appréciés de ses protectrices, les têtes couronnées Anna Ivanovna, Elisabeth Petrovna et Catherine II. Sous leur règne, la cour brillait au sens propre. Pauzié raconte dans ses souvenirs de la vie en Russie : « Les diamants des dames de la cour habillent majestueusement la foule » et « même en privé, elles ne se déparent jamais de leurs ornements précieux ».Le Suisse Pauzié est arrivé en Russie lorsqu’il était encore enfant. Selon la légende, il serait arrivé à pied avec son père à Saint-Pétersbourg, invité par un parent chirurgien à la cour de Pierre Ier. Son père décéda rapidement, et le fils devint l’apprenti de Gravero, tailleur de pierres fines français.

Bouquet de gemmes, 1740
À 21 ans Jérémie Pauzié possédait déjà son propre atelier, qui servit durant 25 ans la cour et l’aristocratie. Curieusement, en dehors des tabatières, boucles, broches, décorations et épingles pour les hautes coiffes des dames, Pauzié confectionnait également des ornements plus modestes pour des clients moins aisés. Une partie des pierres précieuses de ces objets étaient remplacée par du verre taillé sur des supports en feuille de métal coloré, montage si habile qu’il faisait illusion au sein de la cour.

Fabergé and oligarch throw eggs at each other in trademark dispute

Right to name museum after Imperial jewellers is contested as both sides claim win
Alexander Ivanov with a silver Fabergé bunny
Alexander Ivanov with a silver Fabergé bunny

A legal battle has reignited between the Russian oligarch Alexander Ivanov and the Fabergé Ltd company over the trademark rights to the Fabergé name. Ivanov opened his Fabergé museum in 2009 in Baden-Baden, a spa town in southwestern Germany. The museum houses hundreds of Fabergé items including a 1902 Fabergé egg made as an engagement gift for Baron Édouard de Rothschild, a member of the French banking dynasty.

The Fabergé company, meanwhile, is now based in London and is owned by the gemstone miner Gemfields. The rights to the Fabergé name changed hands several times after 1917 following the Russian Revolution; Unilever acquired them with the acquisition of Fabergé Inc in 1989 for $1.6bn.

In 2010, a German appeals court ruled in favour of Ivanov in a legal dispute with Fabergé Ltd over trademark rights, which aimed to block the use of the Fabergé trademark by the museum. However, “Fabergé is looking at other options to prevent the use of the Fabergé trademark by the museum,” says a Fabergé Ltd spokesman.

“In 2010, we conclusively won the legal dispute with Fabergé Ltd when a European court ruled that ‘Fabergé Museum’ is in the public domain free for everyone to use. Fabergé Ltd has no chance whatsoever to appeal this decision,” Ivanov says. Meanwhile, Ivanov says that his lawyers continue to work on “depriving” Fabergé Ltd of the rights to the Fabergé trademark. “We want to place it in the public domain so that everyone anywhere can use it freely.”

A Fabergé Ltd spokesman says: “In 2012, the appeal process held that the mere registration of a company name does not create a right (unless, in some cases, prior use of the trademark can be shown).” The museum could not show such use and hence lost the appeal, the spokesman says. “[We] believe Ivanov’s avenues on this front to be exhausted and consequently Fabergé has defeated the attack by the museum against our Fabergé trademark registrations.”

The Russian mining magnate Viktor Vekselberg, who bought Malcolm Forbes’ Fabergé egg collection in 2004 for a sum estimated to be up to $120m, put 4,000 items drawn from his fine and decorative art collection on show in St Petersburg’s Shuvalov Palace, which is due to fully open to the public this month. His institution is also named the Fabergé Museum.

“We have numerous trademark registrations in Russia, but we don’t have the ‘Fabergé Museum’ trademark in the class of trademarks applicable to museums in Russia. That trademark is indeed held by Mr Vekselberg’s museum and therefore they have the right to use it,” says the Fabergé Ltd spokesman.

The investment company Pallinghurst, founded by Brian Gilbertson, is a controlling investor in Gemfields. In 2012, Vekselberg won a legal battle with Gilbertson when a court in the Cayman Islands ruled that Gilbertson had breached his fiduciary duties (the legal responsibilities of directors) by cutting Vekselberg out of a deal to buy the Fabergé Ltd company. However, the judge refused to award Vekselberg compensation.

Fabergé’s workshops in Moscow and St Petersburg, which employed more than 500 craftsmen at the end of the 19th century, are known for their elaborate decorative Easter eggs made for the Russian Imperial court. Fabergé was appointed as Imperial goldsmith in 1885, earning him the sobriquet “jeweller to the tsars”.

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Les liens suisses des révolutionnaires de 1917

Lenine

Le musée national de Zurich explore les points de contacts entre la Suisse et la Russie durant la Révolution d’octobre 1917

Même si Vladimir Ilitch Lénine s’est réfugié durant des années entre Zurich, Berne et Genève, la société helvétique libérale du début du XXe siècle est restée froide aux élans bolchéviques. Fritz Platten, né à St-Gall en 1883 d’un père menuisier, fait figure d’exception. Il est saisi très tôt par la fièvre rouge: en 1906, déjà, il participe à la première révolution russe, à Riga. Il deviendra ensuite un proche de Lénine. Sa loyauté sans limite finira par lui être fatale.

L’histoire de Fritz Platten constitue l’une des pièces d’une exposition qui s’ouvre ce vendredi au musée national à Zurich, à l’occasion du centenaire de la révolution russe. Photographies, documents et objets d’art invitent à explorer les zones de contact entre les deux pays, au cours de l’une des périodes les plus mouvementées de l’histoire.

Trônant dans une vitrine, une horloge en forme d’oeuf Fabergé, chefs d’oeuvre de joaillerie dont raffolaient les Tsars russes, incarne l’opulence du régime impérial. Oeuvre de la société d’horlogerie H. Moser & Cie, fondée par un Schaffhousois, elle rappelle qu’avant la révolution, la Russie a été une terre promise pour quelque 25 000 Suisses. Entrepreneurs, architectes, médecins, boulangers ou gouvernantes romandes venues enseigner le français aux enfants de bonnes familles russes, beaucoup d’entre eux retourneront en Suisse au début de la première guerre mondiale.

Migration dans les deux sens

Pendant ce temps, la neutralité et la stabilité helvétiques attirent les réfugiés politiques russes en quête d’un îlot de tranquillité au coeur de l’Europe. «Les activistes politiques ne redoutent pas d’être pourchassés en Suisse: la société est peu policée et il n’existe pas de contrôle centralisé de l’immigration, ce qui rend l’entrée dans le pays relativement aisée», explique l’historien Peter Collmer, de l’université de Zurich.

De nombreuses femmes, pour qui l’accès aux études académiques est interdit en Russie, fréquentent les universités suisses. En 1910, près de 8500 Russes vivent en Suisse. Parmi eux, Vladimir Ilitch Lénine, qui a habité à la Spiegelgasse 14, dans la vieille ville de Zurich, durant un peu plus d’une année, entre 1916 et 1917. «Les autorités suisses ne se rendaient pas compte à qui ils avaient affaire et l’importance qu’allait prendre ce personnage par la suite», souligne Peter Collmer.

Le bureau de Lénine

Le bureau sur lequel Lénine travaille dans l’ombre durant son séjour zurichois est pour la première fois montré au grand public. Ce n’était pas prévu. Mais, en décembre dernier, le neveu de l’ancien propriétaire de l’appartement de la Spiegelgasse 14 contacte la conservatrice du musée national, Pascale Meyer, et lui confie ce meuble qu’il avait gardé chez lui jusqu’ici.

Les chemins du révolutionnaire russe et du Suisse Fritz Platten se croisent pour la première fois en 1915, à Zimmerwald, dans le canton de Berne. Des dissidents de la gauche européenne s’y rassemblent lors d’une conférence pour appeler à la paix et à l’union des travailleurs. La ligne défendue par Lénine – la révolution par les armes – reste minoritaire, mais obtient une oreille favorable auprès de Fritz Platten.

Fritz Platten

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fritz Platten (1883-1942) rencontre Lénine lors de la conférence sur la paix de Zimmerwald DR

Fritz Platten, Suisse et révolutionnaire

L’homme, secrétaire du PS, permettra à Lénine, après le renversement du régime tsariste en février, de revenir à Petrograd pour s’emparer du pouvoir. C’est lui qui se chargera de négocier, à l’ambassade d’Allemagne à Berne, le libre-passage du train qui emmènera le leader russe ainsi qu’une trentaine d’autres révolutionnaires jusqu’à la frontière russe, en avril 1917.

Durant les années qui suivent, alors qu’il siège au Conseil national à Berne, il ne cessera d’effectuer des allers retours entre la Suisse et la Russie. En janvier 1918, il sauve la vie à Lénine, cible d’un attentat à Petrograd. Plus tard, au cours de la même année, il mène la grève générale en Suisse, qui lui vaudra un séjour en prison. Fritz Platten tentera de convertir la gauche suisse au bolchévisme, en vain. Le parti communiste suisse, qu’il cofonde en 1921, n’obtiendra jamais plus de 2% des suffrages électoraux.

En Moscou en revanche, il participe en tant que membre du présidium, au congrès de fondation de l’internationale communiste en 1919. Fritz Platten finira par quitter définitivement la Suisse en 1923 pour s’installer en Russie, où il connaîtra une fin tragique. Quelques-unes de ses lettres, exposées dans la dernière salle de l’exposition du musée national, témoignent d’un engagement aveugle, alors que l’URSS traverse ses heures les plus sombres. Déporté dans un camp de travail à Lipovo, il continuera jusqu’à la fin à croire à une erreur judiciaire de Staline. Fritz Platten est fusillé de 22 avril 1942.


* «La Révolution de 1917. La Russie et la Suisse», Musée national Zurich, du 24.02.2017 au 25.06.2017

Lien sur l’article original

« La Révolution de 1917. La Russie et la Suisse » 24.02.2017 – 25.06.2017 Musée national Zurich

Le tsar Alexandre III offre au docteur Johann Mezger une pendulette ayant la forme d’un oeuf Fabergé. Dans l’empire des tsars, les précieuses créations du joaillier Peter Carl Fabergé sont considérées comme le summum de l’opulence et du raffinement.

Peter Carl Fabergé, OEuf Fabergé, pendulette à mécanisme Moser, 1893. Saint-Pétersbourg. Argent, néphrite, doré et ciselé.
Fondation Igor Carl Fabergé, Genève

Illustration 11: The Fabergé  Bouquet of Yellow Lilies Clock Egg (1893)
Illustration 11: The Fabergé Bouquet of Yellow Lilies Clock Egg (1893)

Site officiel du Musée national de Zurich

La dernière grande fête du tsar maintenant en couleur

L’artiste russe Olga Chirnina (aussi connue sous son pseudonyme, «Klimbim») colorise des images d’archives du dernier bal de la Maison Romanov.

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Fin février 1903, un grand bal costumé fut organisé au Palais d’Hiver – le musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg – qui fut le dernier de la Russie tsariste. La fête dura deux jours et fut la plus opulente jamais organisée sous le reigne de Nicolas II. Elle était dédiée au 290ème anniversaire de la dynastie Romanov.  Sur la photo : La Baronne Emma Vladimirovna Frederiks, dame d’honneur de l’Impératice Alexandra Fiodorovna.

Découvrez l’article complet ici: Russia beyond the headlines

La « surprise » du huitième œuf de Fabergé refait surface

Crédit : Getty Images
Crédit : Getty Images

La « surprise » contenue à l’intérieur du huitième œuf de la série pascale Impériale de Fabergé, que l’on a longtemps crue perdue, a été découverte par hasard par des chercheurs préparant le nouveau catalogue de la Collection Royale britannique. La curatrice en chef de la Collection Royale britannique, Caroline de Guitaut, en a fait l’annonce au public pour la première fois lors d’une conférence scientifique au Musée Fabergé de Saint-Pétersbourg.

« Le filet de diamant », huitième œuf de la Série Impériale, a été commandé par Alexandre III en cadeau à son épouse, l’impératrice Maria Fiodorovna, pour la fête de Pâques 1892. La coquille de l’œuf a été découpée dans une pierre translucide de couleur vert pomme incrustée de diamants. À l’origine, l’œuf avait un socle en argent ou en or orné de chérubins. Il est généralement admis qu’ils symbolisaient les trois fils du couple impérial, Nikolaï, Mikhaïl et Gueorgui. On sait également qu’une surprise se trouvait à l’intérieur de l’œuf : un petit éléphant à remonter. Sa description se trouve dans les livres de comptes de Fabergé, et a été traduite en anglais. Après la Révolution, l’œuf fut confisqué, puis vendu à l’étranger quelques années plus tard pour faire partie de plusieurs collections privées. Il resta en possession de la famille MacFerrin aux Etats-Unis, mais la figurine-surprise fut perdue.

Les chercheurs britanniques ne savaient pas précisément d’où provenait l’éléphant qu’ils avaient entre les mains, et les restaurateurs ont donc décidé de démonter la figurine.

« Un fragment de la tourelle de l’éléphant était manquant » raconte Mme de Guitaut. « Manifestement, il était simplement tombé à cause de l’usure du métal. Mais nous avons eu ainsi la possibilité de regarder l’intérieur de la figurine. Lorsque nous avons retiré la partie supérieure de la tourelle, mon cœur a failli s’arrêter : il y avait le poinçon de Fabergé ! C’est ainsi que nous avons eu la preuve de l’authenticité de notre découverte ».

Cependant, le mystère reste entier en ce qui concerne la façon dont cette figurine s’est retrouvée en possession de la Collection Royale britannique. D’après l’une des versions, le roi George V l’aurait achetée en 1935.

Texte original publié sur le site de Rossiyskaya Gazeta

 

 

Original article (source)

 

Mystère dans le milieu des antiquaires de luxe

6466a0d9-af64-4c67-9a5a-cc273b3b1d7d_JDX-NO-RATIO_WEBNora Roberts

 La romancière à succès Nora Roberts, auteure de quantité de succès de librairie vendus à des millions d’exemplaires, propose une histoire mêlant l’intrigue amoureuse et le suspense dans le milieu fascinant des antiquaires de luxe, avec un nouveau roman très divertissant, Le Collectionneur.

Nora Roberts a imaginé l’histoire de Lila Emerson, une jeune auteure de romans pour ados qui gagne sa vie en gardant les résidences de riches clients quand ils partent en vacances. Elle s’adonne aussi à un curieux passe-temps: observer les voisins par la fenêtre. Cette habitude plutôt divertissante prend une tournure dramatique lorsqu’elle assiste au meurtre d’une jeune femme.

Ashton Archer, un jeune artiste peintre, tente de convaincre Lila que son frère, soupçonné par les autorités, n’a pas pu tuer sa petite amie avant de se donner la mort. Lila accepte de l’aider. Tous deux se lancent dans une enquête palpitante qui va les mener de Manhattan à Florence, dans l’univers très fermé des antiquaires de luxe. Leur cible: un collectionneur prêt à tout pour mettre la main sur un mystérieux œuf de Fabergé.

Nora Roberts a adoré s’immerger dans l’univers fascinant des antiquaires de luxe, s’étonnant devant toutes les merveilles qu’elle découvrait au fil de ses recherches. «Je voulais écrire une histoire qui se déroule à New York, dans un cadre très urbain. Je voulais aussi y intégrer les œufs Fabergé, l’Histoire, un peu d’amour et une intrigue, bien sûr, avec un meurtre. J’ai mélangé le tout et j’ai eu bien du plaisir à l’écrire», s’exclame-t-elle au cours d’une rare entrevue téléphonique.

Aura de mystère

La romancière est complètement fascinée par la saga des Romanov et par l’aura de mystère entourant les fabuleux œufs Fabergé, ces chefs-d’œuvre de la joaillerie au tournant du 20e siècle. «Quand j’ai commencé à faire mes recherches, j’ai appris que plusieurs œufs de Fabergé étaient rapportés manquants. Personne ne sait où ils se trouvent et s’ils existent encore. Au moment où le livre est sorti, un de ces œufs a été retrouvé!» ajoute la romancière. La valeur de la pièce retrouvée par miracle dans un marché aux puces est estimée à 37 M$.

Tout dans les œufs Fabergé l’a intéressée: leur histoire, la finesse de leur fabrication, leur valeur, leur destinataire. «Je me disais que ce serait intéressant que le méchant de mon histoire en fasse collection, avec d’autres œuvres d’art qui étaient rapportées manquantes ou volées. Les œufs Fabergé sont tellement uniques et incroyables que je voulais que toute mon intrigue soit construite autour d’eux.»

Une vraie house-sitter

Lila Emerson, son personnage principal, est une house-sitter, ces personnes engagées pour prendre soin d’une demeure en l’absence des propriétaires. «Je ne savais pas que c’était une profession, mais j’ai appris que ces personnes voyagent partout dans le monde pour prendre soin de la maison, du jardin, des animaux domestiques. C’est un mode de vie un peu bohème et en même temps, une manière fascinante de découvrir le monde.»

«J’aime sa manière de trouver des solutions pour tout, sa compétence pour réparer les choses, sa manie de transporter du ruban adhésif toilé et des outils dans son sac à main, au cas où. Je ne suis pas du tout comme ça, mais ma belle-fille, oui!» dit-elle.

Nora Roberts voulait qu’Ashton, le bel artiste qui fait craquer Lila, soit le type fiable et responsable. «Il a une famille bien étrange, mais tous savent qu’ils peuvent se confier à lui. C’est un artiste, très créatif, mais en même temps un hom­me très ancré dans le présent qui prend tout sur ses épau­les. J’aime ce contraste entre eux.»


Hommage à Hitchcock

Nora Roberts est une grande fan des films à suspense d’Alfred Hitchcock. «Fenêtre sur cour, avec Grace Kelly et Raymond Burr, était absolument brillant. Il n’y a pas un film d’Hitchcock que je n’aime pas, mais c’est un de ceux que je préfère. Je me disais que ce serait agréable de m’amuser avec ce concept: quand on regarde par la fenêtre et qu’on aperçoit quelque chose de terrible, qu’est-ce qu’on fait?»


Que font les voisins ?

«Je vis dans une région très rurale et je n’ai pas de voisins, mais quand je suis de passage à New York, je regarde par la fenêtre. Quand je vois un homme assis à sa table de travail dans l’immeuble d’en face, je me demande sur quoi il travaille, s’il pourra bientôt rentrer chez lui, ce genre de choses. Je pense que bien des gens font cela!»


Chaque livre es­t un défi

Après avoir é­­­crit tant de livres, tous devenus des best-sellers, Nora Roberts considère toujours chaque nouveau livre comme un défi à relever. «Si ce n’était pas un défi, on n’écrirait probablement pas très bien. Chaque livre que j’écris est comme un premier livre: il y a de nouveaux personnages, de nouvelles situations, une nouvelle intrigue, donc il faut l’apprivoiser comme si c’était un premier livre.» Elle a une routine bien établie: «Écrire, c’est mon travail, donc je travaille huit heures par jour, tous les jours. C’est ma façon de faire. C’est une habitude qu’il ne faut pas briser, car, autrement, c’est facile de ne pas s’asseoir pour travailler…»


À Montréal avec son petit-fils

Nora Roberts a visité Montréal il y a quelques semaines avec son petit-fils de 11 ans qui voulait découvrir le Canada. «Nous sommes restés quatre jours. Nous avons visité le Biodôme et La Ronde. Mon petit-fils a fait le SkyVenture et moi, j’ai pris des photos. Nous nous sommes bien amusés et mon petit-fils a appris une phrase en français chaque jour. C’est une ville superbe, nous avons fait un excellent voyage et je reviendrais n’importe quand à l’Hôtel Le St-James!»


Très présente à Boonsboro

Nora Roberts est extrêmement fière de l’auberge qu’elle a fait rénover au cœur du village de Boonsboro, dans l’ouest du Maryland, The Inn BoonsBoro. Elle a redonné fière allure à l’édifice historique construit juste après la Révolution américaine, le transformant en hôtel boutique où chacune des chambres porte le nom d’un couple heureux de la littérature.

Elle est aussi propriétaire d’une chouette petite librairie sur Main Street – Turn the Page Bookstore. Elle y fait régulièrement acte de présence, offrant des séances de signatures extrêmement populaires auprès des lecteurs, qui viennent de loin pour la rencontrer en personne. «Nous venons de faire une activité pour célébrer notre 20e anniversaire: ma séance de signatures a duré six heures! C’est très valorisant de rencontrer mes lecteurs.»


EXTRAIT

«La vitre vola en éclats. La femme fut projetée dans le vide, bras écartés, battant des jambes, ses cheveux d’or déployés tel un éventail, et s’écrasa avec brutalité quatorze étages plus bas.

– Oh! mon Dieu, mon Dieu… Tremblante, Lila composa le 911.

– Police secours, à votre écoute.

– Il l’a poussée. Il l’a poussée et elle et tombée par la fenêtre.

–Madame…

– Attendez, attendez!

Elle ferma les yeux un instant, s’effor­ça de contrôler sa respiration. Sois claire, s’enjoignit-elle, aussi précise que possible.

–Mon nom est Lila Emerson. J’ai été témoin d’un meurtre. Une femme a été défenestrée, du quatorzième étage.»

— Nora Roberts, Le collectionneur

source: Article de Marie-France Bornais

http://www.journaldemontreal.com/2015/08/23/mystere-dans-le-milieu-des-antiquaires-de-luxe